Je viens d'une famille où la religion était centrale. Mais avec toute cette souffrance que je voyais autour de moi et dans le monde, il m'était absolument impossible de croire en ce Dieu auquel ma famille voulait absolument que j'adhère.
Les études scientifiques que j'ai choisies (parce qu'une magnifique image lumineuse s'est présentée à moi) ont été les fondations de la compréhension "de ce monde" étrange à mes yeux dont je cherchais le sens.
Dans un premier temps, la science a renforcé ma négation de toute dimension "Divine" en m'enfermant dans une autre prison, un autre moule, dont à l'époque je ne me rendais pas compte. En étudiante appliquée, en scientifique "pure et dure" ( physico-chimique, commentaire "moyenne 19,5/20 "vous êtes priée d'arriver à l'heure au cours le lundi matin") je croyais mes enseignants. Je croyais ce qu'ils me disaient de l'être humain et de l'Univers.
En même temps, l'étude des sciences est tout entière contenue dans cette phrase du dernier professeur que j'ai eu :
- "Chaque année, on vous dit "les choses sont comme ça", et puis quand vous passez au niveau supérieur d'étude, on vous dit : "ce n'est pas comme on vous a appris l'année dernière, maintenant, nous allons voir comment les choses marchent vraiment".
La science est perpétuellement en remise en cause de ce qu'elle croit savoir. Cette constante remise en question est la source même de ses progrès continus, même s'il faut du temps pour que l'ensemble des scientifiques se mettent d'accord.
Une scientifique "pure et dure" comme je me définis est en réalité quelqu'un de souple tout en restant rigoureux et prêt à faire évoluer sa compréhension si des éléments nouveaux sont apportés.
Mon enseignant a continué ainsi :
- "Maintenant, vous êtes arrivés en dernière année. C'est vous qui direz "ce que l'on vous a appris hier n'est pas ça, voilà ce que nous savons et avons compris aujourd'hui ......."."
Tout mon parcours et toute ma vie sont contenus dans cette phrase. Cette ouverture au nouveau, à une compréhension plus grande, pour aller de l'avant, oser comprendre autrement et ainsi faire partie du progrès de la science et de la collectivité.
Entre mes facettes de scientifique, de consultante en entreprise, d'enseignante, de thérapeute que je suis devenue par la force de la compréhension et de la pratique acquises, je suis incapable d'en choisir une comme prépondérante à l'autre, elles sont indissociables. Toutes ont la même vocation : contribuer au développement et au mieux-être de la collectivité. N'est-ce pas le but fondateur de la Science comme celui de la Spiritualité ?
Je ne crois toujours pas en ce "Dieu" auquel ma famille voulait absolument me faire adhérer à tout prix. Il y a mieux, plus intense, plus vivant, plus beau, plus grandiose, plus puissant que ces illogismes que ma famille refusait de voir, que cette peur de comprendre plus grande que la peur de l'ignorance, que cette souffrance acceptée comme une fatalité pour ne pas remettre en cause ses croyances, il y a, ce que certains appellent "Dieu" et qu'une scientifique qui étudie l'être humain et l'Univers nomme :
Tout ce qui Est.